Le mail Hadopi : un avertissement ou un divertissement ?

En 2010, la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI) envoyait son premier mail d’avertissement.

43 mois plus tard, soit au soir du mois d’Avril 2014, ce chiffre atteignait le nombre de 3.000.000 d’envois.

Ce score ronflant inspire cependant des sentiments mitigés : de la fierté pour Hadopi (on se demande bien pourquoi) et de la crainte pour les internautes (on se demande aussi pourquoi).

Si vous recevez un mail Hadopi, il n’est pas dit que l’acte incriminé émane de vous. Mais il émane bien de votre ligne internet. Une incongruité qu’il convient de passer ici au scalpel de l’analyse objective.

Que dit le mail Hadopi ?

Attention, si vous avez déjà rangé votre dictionnaire juridique, il est temps de le ressortir du placard et de le dépoussiérer. Le mail d’avertissement d’Hadopi est un condensé de leçons et de rappels de droit.

Morceaux choisis :

  • « Attention, votre accès à internet a été utilisé pour commettre des faits, constatés par procès-verbal, qui peuvent constituer une infraction pénale »
  • « Cette utilisation a pu intervenir sans votre permission ou à votre insu […] mais dans tous les cas […] vous êtes légalement responsable de l’utilisation qui en est faite »
  • « On vous reproche un manquement à votre obligation de surveillance »
  • « Le juge judiciaire, saisi par l’Hadopi, pourrait alors prononcer une suspension de cet accès ainsi que, le cas échéant, une peine d’amende ».

En synthèse : par son mail, Hadopi vous rend d’emblée responsable d’un acte dont elle n’a pas la preuve que vous en êtes l’auteur.

L’argumentaire basé sur la responsabilité civile du fait d’autrui, semble inadapté au cas précis de la ligne internet et pourtant c’est celui utilisé.

Le propriétaire d’un café peut-il surveiller tous les clients qui se servent de sa connexion internet ? Peut-il seulement indiquer un suspect ? Non, il ne le peut pas parce que cette connexion justement est un élément de son fonds de commerce.

Cela n’empêche, certains n’hésitent pas à répondre au mail reçu.

Mail Hadopi reçu : que faire ?

Nombreux sont ceux qui sont restés bouche bée devant un mail Hadopi se demandant même (à juste titre) : ‘’C’est qui ?’’.

Il faut dire que ces mails arrivent quand on s’y attend le moins, chez ceux qui s’y attendent le moins. Certains, outrés, n’hésitent pas à leur tour à prendre leur plume pour répondre à l’Autorité, faisant fin de toute syntaxe administrative.

D’ailleurs, à voir les suites données aux mails, on se dit que c’est du ‘’bluff’’ et que Hadopi entretient inutilement une atmosphère malsaine.

Ce n’est donc plus de l’avertissement mais bien du divertissement voire, de l’asservissement. A l’évidence et malgré tous ses efforts, Hadopi manque encore cruellement de discernement.

On ne peut que reconnaître finalement que face aux mails d’avertissement de Hadopi, la meilleure réponse possible se trouve dans le VPN.

En vérité, lorsque l’on dispose d’un bon VPN, Hadopi c’est comme : ‘’Le chien aboie, la caravane passe’’. Car, Hadopi aboie fort mais il ne mord pas.

La Haute Autorité n’est finalement peut-être pas aussi haute qu’elle veut bien le faire croire.

C’est presque faire un affront à Cyberghost, le meilleur VPN du moment, que de l’utiliser pour contourner Hadopi mais on n’est jamais trop prudent. A défaut, Vyprvpn et NordVPN feront très bien l’affaire aussi.

Au total, si Hadopi veut vraiment lutter contre le ‘’piratage’’ comme elle le définit si bien, il va falloir trouver autre chose que les mails. Sinon, bientôt Hadopi sera le nom du marchand de sucettes…